Madagascar - Mise aux normes du système électrique et électrification solaire d’un centre de santé de base II

Description : Mise aux normes du système électrique et électrification solaire d’un centre de santé de base II
  • Localisation : Madagascar
  • ONG partenaire : Aide aux Enfants de la Francophonie
  • Dates : 2019-2020
  • Statut du projet : En cours
  • Engagement financier: 15 000 €
  • Projet sélectionné
  • Étude de faisabilité
  • Installation
  • Monitoring
  • Étude d'impact

Présentation de l’ONG

Aide aux Enfants de la Francophonie

L’Aide aux Enfants de la Francophonie (AEF) est reconnue comme association de bienfaisance depuis 2004. Elle a pour but de soutenir et de développer toute action entreprise en faveur des enfants de la francophonie dans les pays où elle est implantée. A l’heure actuelle, elle œuvre principalement au Tchad et à Madagascar.
Ciblant les pays de la francophonie, elle mène des actions humanitaires grâce à la présence de ses équipes d’expatriés permanents qui interviennent en continu sur ces territoires. Celles-ci participent, de manière générale, à l’aide au développement économique, sanitaire et social, mais également à la nutrition ou à la scolarisation, comme à l’insertion sociale. Ainsi, le Centre Anani situé à Ambohitsiroa, non loin de la capitale malgache, intervient aussi bien par le biais des différents services et activités de sa bibliothèque, que de son centre de réadaptation nutritionnelle ; tandis qu’au Tchad le Lycée-collège de Bessada s’attache à favoriser l’accès des enfants à l’éducation. Pour ce faire, membres de l’AEF, mécènes, donateurs et bénévoles travaillent de concert.

Le contexte du projet

Sur le plan social Madagascar a pris du retard sur plusieurs indicateurs de développement. Un enfant sur deux (de moins de 5 ans) souffre d’un retard de croissance et il s’agit du cinquième pays au monde avec le plus grand nombre d’enfants non scolarisés. Par ailleurs, le taux d’accès à l’électricité est seulement de 13 %, soit l’un des plus bas de la planète.
En 2018, Madagascar a légèrement amélioré son indice de développement humain (IDH), de 0,512 à 0,519, mesuré par le PNUD. Le pays a cependant reculé de trois rangs dans le classement mondial, passant de la 158ème à la 161ème place.
Malgré des projections assez positives, il est essentiel de donner la priorité à une croissance plus inclusive pour réduire les fortes inégalités et la pauvreté. D’autant que les projections actuelles suggèrent une baisse de la proportion de la population malgache vivant sous le seuil de pauvreté. En effet, l’incidence de pauvreté, basée sur un seuil de 1,90 dollar par jour et par parité de pouvoir d’achat, devrait baisser de 75 % à 73 % entre 2018 et 2020. Il est donc important de maintenir cette tendance (Données Banque Mondiale).

Le village d’Ambohitsiroa qui officie comme interface entre la ville et la campagne est considéré comme une zone d’intervention d’urgence. La malnutrition est très prononcée dans la commune. Le Ministère de la santé malagache a demandé à AEF de développer la prévention sur ce village qui en moyenne présente une pauvreté plus grande que celle du pays. C’est dans ce contexte que l’association a ouvert le centre «Anani» dans lequel se trouve un centre de santé de base II reconnu par les autorités malgaches, un centre de réadaptation nutritionnelle ambulatoire modéré, une bibliothèque et un château d’eau. L’ouverture d’un cabinet dentaire est prévue très prochainement.

Présentation du projet

La problématique énergétique

Actuellement le centre est raccordé au réseau électrique par la Jirama, compagnie nationale d’électricité et d’eau de Madagascar. Si l’alimentation électrique était de qualité, elle suffirait à assurer le fonctionnement du centre.
Or le réseau n’est pas fiable, il connait des périodes de délestage qui s’étendent de 15 min à 6 heures, elles sont aléatoires et n’ont pas lieu systématiquement lors des pics de consommation du dispensaire. Le réseau qui normalement devrait fournir 220 volts par phase descend fréquemment jusqu’à 160 volts.
Le disjoncteur triphasé (3 x 230/400) 60 A de l’installation électrique n’est pas différentiel et cette dernière ne dispose pas de parafoudre.
Le centre Anani possédait un groupe électrogène Honda de 3,3 kVA pour palier aux coupures ; il permettait un fonctionnement dégradé du centre lors des coupures de réseau. Il a été remplacé récemment par un GE Kipor KDE6500T de 4,5 kVA.

Les solutions retenues

La fiabilisation du centre Anani a été retenue grâce au soutien de l’ONG Electriciens Sans Frontières qui a apporté son expertise technique à AEF.
La totalité du centre (puissance 63kW) sera alimenté par une installation hybride solaire – diesel avec conservation de la Jirama et du groupe électrogène existant (4,5 kVA).

Fonctionnement : Le synoptique est un ESS (Energy Storage System) couplé avec un onduleur photovoltaïque (Fronius) qui produit de l’AC directement vers les charges AC, ou pour recharger les batteries via un convertisseur bidirectionnel (le Victron Quattro) quand la production solaire est supérieure à la consommation.
Le Groupe Electrogène (GE) existant sera couplé au système, pour fournir 4.5 kVA de plus ou encore dans les cas de faible production solaire, le GE rechargera les batteries.
Les deux convertisseurs bidirectionnels (Victron Energy) seront connectés sur un même banc de batteries :
– Un multiplus 5 kVA 24-5000-120 : chargera les batteries via la Jirama et sera connecté aux prises ondulées
– Un Quattro 5 kVA 24-5000-120 : chargera les batteries via, l’énergie solaire, le GE, puis la Jirama. Il sera également connecté aux prises ondulées mais le solaire devra amplement suffir à recharger les batteries, étant donné la consommation électrique du centre.

Puissance retenue : 28 kVA dont 8 kVA pour les gros récepteurs (lave linge, micro-ondes, bouilloire…). Ceux-ci seront connectés normalement sur des prises Jirama simples ; en cas de besoin urgent, on pourra les connecter aux prises ondulées.
Le champ photovoltaïque produira 49 920 Wh/j (pour une charge estimée à 2 kW permanant pendant 24 h), ce qui est bien supérieur à la consommation journalière relevée sur les factures d’électricité du Centre. L’énergie photovoltaïque suffira pour le fonctionnement du centre par jour, l’excédent sera utilisé pour recharger les batteries.