Tchad - Électrification d’un centre de santé de brousse

Description : Agrandissement et électrification d'un centre de santé de brousse
  • Localisation : Tchad
  • ONG partenaire : La Communauté du Chemin Neuf
  • Dates : 2017-2018
  • Statut du projet : En cours
  • Participation Synergie : 27 500 €
  • Projet sélectionné
  • Étude de faisabilité
  • Installation
  • Monitoring
  • Étude d'impact

Présentation de l’ONG

La Communauté du Chemin Neuf

La Communauté du Chemin Neuf est une congrégation religieuse née en France en 1973. Elle est présente dans 27 pays, dont le Tchad depuis 2006, à Ku Jéricho, région du Logone Occidental.
Au delà de ses activités au service des Eglises, la Communauté est engagée dans le domaine de l’éducation et travaille pour l’alphabétisation des adultes, la scolarisation et le soutien scolaire des enfants (écoles, accueil des enfants de la rue, professionnalisation…) en zones défavorisées, dans les pays en voie de développement. Elle est également investie dans le domaine de la santé par la création de dispensaires et de centres de santé, ainsi que par sa participation dans la lutte contre le sida.

Le contexte du projet

Les besoins de santé et d’éducation au Tchad, et en particulier en région du Logone Occidental, sont très importants. Les structures médicales et éducatives existantes, principalement implantées dans les grandes villes, sont insuffisantes ou trop éloignées des campagnes. De ce fait les habitants de brousse rencontrent un grand nombre de difficultés.
De plus, la ville de Moundou, capitale régionale du sud-ouest et 2ème ville du pays, présente un accroissement de population d’environ 4% par an qui pousse une partie des habitants à s’installer en périphérie de la ville. Ces zones périurbaines, dépourvues de toutes infrastructures, génèrent un état sanitaire et éducatif préoccupant. Au niveau sanitaire, les pathologies tropicales classiques se développent et le Sida touche au moins 10 % de la population. Le taux de couverture vaccinale infantile reste faible. En raison des difficultés d’accès aux soins, de nombreux enfants souffrent de malnutrition, des mères accouchent dans de mauvaises conditions et le recours aux médecins est souvent trop tardif.

A l’instar des zones de brousse tchadienne, le village de Ku Jéricho était dépourvu de toute infrastructure sanitaire et éducative. Face à cette situation, la Communauté du Chemin Neuf a mis en place un projet visant à améliorer la situation des habitants et a ainsi construit une école maternelle et primaire (2013-2015) ainsi qu’un dispensaire (2014) au sein du Centre Gabriel Balet. L’unité de lieu a vocation d’optimiser certaines actions d’éducation, de prévention et de soins, par une collaboration étroite entre les deux structures. A titre expérimental, un suivi de médecine scolaire a été mis en place depuis l’hiver 2016, une première au Tchad. Cependant si le dispensaire actuel permet de prodiguer les premiers soins il ne permet pas de couvrir l’ensemble des besoins et de pallier le manque d’infrastructures.

Présentation du projet

La problématique énergétique de l’ONG

Le Tchad est l’un des pays africains le plus mal approvisionné en électricité. En 1990 le pourcentage de la population tchadienne ayant accès à l’électricité était de 0% et seulement de 8% en 2014 (donnees.banquemondiale.org). Plus de 90% de la consommation énergétique est issue de combustibles ligneux – bois et charbon de bois – et 3% seulement de produits pétroliers. La capacité de production de la Société Nationale d’Electricité (SNE) -principal opérateur du secteur- est inférieur à 200 MW. La capitale N’Djamena totalise 80% de la production électrique du pays, mais seulement le tiers de la ville est alimentée régulièrement. Sur la totalité du pays, moins d’une dizaine de villes sont électrifiées et disposent de réseau de distribution (Rapport définitif, Schéma Directeur du Secteur de l’Energie au Tchad, Bureau d’étude Fichtner GmbH&Co Kg, Allemagne, Janvier 2012).
L’école et le dispensaire du centre Gabriel Balet se situent en brousse, sans possibilité de raccord à un réseau électrique. Afin d’éviter toutes nuisances sonores et pollutions pour le village, ainsi que dans un souci de diminution des dépenses de fonctionnement nécessitées pour un groupe électrogène, la Communauté a opté pour une installation solaire pour couvrir les besoins courants du centre de santé. Ce choix est conforté par les études de faisabilité, et le fort ensoleillement de cette région.

 

Les solutions retenues

L’immensité du territoire national (1284 000 km², 2000 Km du sud au nord et 1000 km d’est en ouest), conjuguée à la faible densité de population contribuent à privilégier des systèmes hors réseaux isolés. Appuyé par le Ministère tchadien, la Communauté souhaite électrifier et étendre le dispensaire existant en centre de santé pour apporter des soins de qualité et complémentaires. Il comportera : un bâtiment mère-enfant pour la gynécologie, la surveillance prénatale, l’accouchement, les vaccinations, l’éducation sanitaire et la surveillance des enfants et un bâtiment de médecine adulte avec hospitalisation de jour, salle de pansements et de petite chirurgie, et une pharmacie.
Par la suite, ce centre de santé a vocation de grandir pour permettre des hospitalisations prolongées et élargir l’offre de soins. Ainsi, une dentisterie, une salle d’ophtalmologie, une lunetterie et un laboratoire d’analyse sont prévus. Outre la dispensation de soins, le centre de santé permettra de développer une activité d’éducation sanitaire et de prévention en lien avec les programmes locaux, nationaux et internationaux et permettra de jouer un rôle dans la formation des étudiants. Ainsi, le centre de santé de Ku Jéricho pourra, éventuellement, évoluer en hôpital de District pour répondre aux besoins sanitaires de la région. Dans un souci de rentabilité économique et d’autonomisation du centre, le souhait est d’attirer les patients de la ville de Moundou,en leur offrant un accès aux soins et des services de qualités, tous deux manquant en ville.
Les besoins électriques seront couverts par une centrale solaire de 18KWh/j, fournissant une réserve de courant électrique de 3 jours en usage normal. Les besoins intermittents d’appareils électriques gros consommateurs tels que les stérilisateurs seront couverts par un petit groupe électrogène d’appoint et de secours.

En lien avec Synergie Solaire, la surveillance du système (monitoring) sera assurée par la Communauté avec l’aide de la société installatrice sur place.